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RAPPORT N°155 DE SOS-TORTURE/BURUNDI PUBLIE LE 1e DÉCEMBRE 2018

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by December 2, 2018 Uncategorized

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Ce rapport de Sos-Torture/Burundi couvre la période du 24 novembre au 1e décembre 2018 concernant les cas de violations et atteintes aux droits de l’homme au Burundi.

Au moins quatorze (14) personnes assassinées et deux tentatives d’assassinat au cours de la période et dans différentes localités. Les victimes de ces assassinats sont des orpailleurs abattus par des militaires ; aucun n’a survécu. Aucune enquête n’a été menée pour déterminer les circonstances de ce massacre.

Le rapport évoque également vingt-sept (27) cas d’arrestations arbitraires dont vingt-trois (23) membres de l’opposition à majorité du parti FNL des fidèles du député Agathon Rwasa. Un agent de police a également bénéficié de la libération suite à la complicité de responsables administratifs alors qu’il a été pris en flagrant délit de vol.

  1. Atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique
  • Des militaires ont abattu quatorze (14) personnes sur les collines Kibaya et Ruhembe, zone Ndora, commune Bukinanyana, province Cibitoke (nord-ouest du pays) le 25 novembre 2018 dans la soirée. Des témoins rapportent que les victimes sont des orpailleurs pris en train d’exploiter des minerais malgré une interdiction des autorités provinciales. Les témoins rapportent également que les militaires étaient accompagnés de membres de la milice imbonerakure qui opèrent des patrouilles de nuit dans toutes les collines.

Sos-Torture/Burundi note l’exécution sommaire de ces quatorze (14) personnes, sans tentative pour les interpeller afin de répondre de leur éventuel délit devant la justice. Sos-Torture/Burundi note également qu’il n’y aucun survivant du massacre, et que les noms des victimes n’ont pas été communiqués par la police ou l’armée.

  • Des membres de la milice Imbonerakure ont tenté d’assassiner à coups de machettes Juvénal et Simon sur la colline Kinganda, commune et province Rutana (sud-est du pays) le 27 novembre 2018. Des témoins rapportent que les deux hommes visitaient un terrain en litige au moment de leur agression.

Sos-Torture/Burundi note que les victimes sont parvenues à prendre fuite. La police n’a ouvert aucune enquête pour identifier les auteurs de l’agression.

  1. Atteintes au droit à la liberté et à la sécurité physique
  • Des agents de la police ont arrêté Célestin Karenzo surnommé Kitoko au centre de la commune Nyanza-lac, province Makamba (sud du pays) le 21 novembre 2018. Il s’agit du commissaire de police judiciaire de Nyanza-lac, accusé de vol de motos. Des témoins rapportent qu’il a été relâché le 26 novembre 2018 suite à la pression de son frère, administrateur de la commune Kayogoro (province Makamba) et membre du parti au pouvoir CNDD-FDD.

Sos-Torture/Burundi note l’abus de pouvoir d’un responsable administratif pour la libération d’un présumé voleur ainsi que la complicité de la police de Makamba qui a relâché cet agent malgré la flagrance lors de la saisie des motos volés à son domicile.

  • Des agents de la police ont arrêté Messie Ntunzwenayo et un autre homme sur la colline Gafumbegeti, zone Butahana, commune Mabayi, province Cibitoke (nord-ouest du pays) le 24 novembre 2018. Il s’agit du chef de colline Gafumbegeti et de son chauffeur. Des témoins rapportent qu’ils sont accusés de vendre des armes à des groupes basés dans la forêt de la Kibira. La police rapporte également avoir saisi trois (3) fusils d’assaut de type kalachnikov aux mains de M. Ntunzwenayo.

Sos-Torture/Burundi note que la police n’a pas évoqué d’éventuels complices dans la vente de ces armes pour connaître leur origine et la destination des fonds issus de la vente.

Sos-Torture/Burundi a aussi appris la suspension par le gouverneur de Cibitoke du chef de colline Rutorero du nom de Wilson Bakara. Des habitants de la localité rapportent qu’il est accusé de collaborer avec des groupes de FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) formés des anciens génocidaires rwandais, et qui bénéficieraient de la complicité des autorités burundaises qui approuvent leur présence au Burundi.

  • Des agents de la police en complicité avec des membres de la milice Imbonerakure ont arrêté dix-neuf (19) personnes sur la colline Kabingo, commune Giharo, province Rutana (sud-est du pays) le 25 novembre 2018. Toutes les personnes arrêtées sont des membres du parti d’opposition FNL des fidèles du député Agathon Rwasa.

Sos-Torture/Burundi a pu identifier quatorze (14) personnes parmi les militants arrêtés : Jean Pierre Nzoyisaba, Vénérand Sibomana, Athanase Bizimana, Oscar Karenzo, Donatien Nyawenda, Mme Consolate Kanani, Isaïe Surwavuba, Ndubaraye, Abel Bingwa, Cyriaque Nininahazwe, Ndayishimiye, André Ntahondereye, Ntegakaje, François Ngeziminwe et Bosco.

Sos-Torture/Burundi note que les agents de police et les miliciens les accusent d’avoir tenu une réunion non autorisée. Les militants du parti FNL sont visés par des arrestations intempestives et souvent pour avoir refusé d’adhérer au parti au pouvoir CNDD-FDD.

  • Des agents de la police ont arrêté Révocat Niyonizigiye et Chadrack au centre de la commune Makamba, province Makamba (sud du pays) le 26 novembre 2018. Des proches rapportent que l’ordre de les interpeller émane du gouverneur de Makamba, Gad Niyukuri. Il les accuse de collaborer avec des groupes armés.

Sos-Torture/Burundi note des arrestations illégales et l’abus de pouvoir du gouverneur de Makamba déjà impliqué dans d’autres cas d’arrestations illégales. MM. Niyonizigiye et Chadrack ont été libérés après plusieurs heures de détention.

  • Des agents de la police ont arrêté Jean Marie Nkurunziza dans la commune Vugizo, province Makamba (sud du pays) le 26 novembre 2018. Des proches rapportent qu’il est accusé d’avoir critiqué le pouvoir burundais dans un bistrot la veille de son arrestation. M. Jean Marie Nkurunziza est un enseignant de l’école fondamentale Matyazo.

Sos-Torture/Burundi note que des agents du service national des renseignements ont extrait M. Nkurunziza de sa cellule du cachot de police de Vugizo pour l’emmener vers une destination inconnue. Il y a une crainte pour la sécurité de cet enseignant.

  • Des agents de la police ont arrêté Nsengiyumva (25 ans) dans la commune Gihanga, province Bubanza (ouest du pays) le 27 novembre 2018. Des proches rapportent que cet homme venait d’arriver à Gihanga en provenance de la province Bururi (sa province de résidence) pour rendre visite à sa sœur. Les agents de police l’accusent d’être un combattant en provenance du Rwanda.

Sos-Torture/Burundi note que les mêmes agents ont torturé M. Nsengiyumva pour le contraindre à avouer être un combattant. Des proches rapportent qu’il est victime d’avoir un passeport contenant des tampons de l’immigration burundaise et rwandaise à différentes dates de passage de la frontière. Sos-Torture/Burundi note également que ce n’est pas la première victime arrêtée ou torturée pour avoir voyagé ou séjourné au Rwanda depuis le début de la crise. Ces personnes sont victimes des relations tendues entre le Burundi et le Rwanda depuis 2015.

  • Des membres de la milice Imbonerakure ont arrêté Lazare Rumambo (surnommé Yuda) à son domicile sur la colline Mugerama, commune Nyanza lac, province Makamba (sud du pays) le 29 novembre 2018. Des témoins rapportent que les miliciens du parti au pouvoir ont exhibé des tenues militaires, en affirmant les avoir trouvé dans la maison de M. Rumambo.

Sos-Torture/Burundi note la fouille et l’arrestation illégales opérées par des miliciens du parti CNDD-FDD. Des proches rapportent que M. Rumambo est un membre actif du parti d’opposition FNL. Crainte que cette arrestation ne soit liée à l’appartenance politique de cet homme.

Lazare Rumambo (Yuda) arrêté par des miliciens imbonerakure

 

  • Des agents du service national des renseignements ont arrêté Fidel Niyomwungere à son domicile dans la zone Vyuya, commune Mugamba, province Bururi (sud du pays) le 29 novembre 2018. Des proches rapportent qu’il s’agit d’un militant actif du parti d’opposition FNL des fidèles du député Agathon Rwasa. Il est accusé de participation à des bandes armées.

Sos-TortureBurundi note que le SNR l’accuse d’avoir effectué plusieurs voyages en République Démocratique du Congo. Ces agents ont mené cependant une fouille qui n’a permis aucune saisie. Crainte que cette arrestation ne soit liée à l’appartenance politique de M. Niyomwungere.

  • Des agents de la police ont arrêté Jean Ciza et Égide Bucumi sur la colline Mugerama, commune Nyanza lac, province Makamba (sud du pays) le 30 novembre 2018. Des proches rapportent que les deux (2) hommes sont des membres du parti d’opposition FROLINA (Front pour la Libération Nationale).

Sos-Torture/Burundi note que la police n’a pas notifié aux proches les raisons de l’arrestation des deux membres de l’opposition.

 

SOS-Torture/Burundi a été initiée dans l’objectif d’informer l’opinion nationale et internationale sur les violations graves des droits de l’homme en cours au Burundi à travers des rapports de monitoring notamment sur la torture, les arrestations arbitraires, les disparitions forcées, les violences sexuelles et les exécutions sommaires.

Cette initiative d’informer sur les réalités du pays a fait suite au carnage d’une centaine de personnes tuées au cours de la journée du 11 décembre et celle du 12 décembre 2015 par des policiers et des militaires sous prétexte de poursuivre des rebelles qui venaient d’attaquer des camps militaires situées à la périphérie de la capitale

Les zones touchées sont dites contestataires du troisième mandat du Président Nkurunziza à savoir Musaga, Mutakura, Cibitoke, Nyakabiga, Jabe, les deux dernières étant situées au centre de la Mairie de Bujumbura.

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