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RAPPORT N°156 DE SOS-TORTURE/BURUNDI PUBLIE LE 8 DÉCEMBRE 2018

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by December 9, 2018 Uncategorized
Ce rapport de Sos-Torture/Burundi couvre la période du 1er au 8 décembre 2018 concernant les cas de violations et atteintes aux droits de l’homme au Burundi.

Au moins deux (2) personnes assassinées au cours de la période et dans différentes localités. Les victimes sont un membre de l’opposition politique de Bubanza ainsi qu’une mère de famille abattue dans la ville de Bujumbura.

Un cas de viol répertorié : la victime est une petite fille de six (6) ans et son agresseur a été arrêté.

Le rapport évoque également des cas d’arrestations arbitraires et une agression commise par des membres de la milice imbonerakure. Des miliciens imbonerakure et administratifs continuent aussi de collecter par force et menaces de l’argent pour les élections de 2020. Ces collectes s’accentuent dans les milieux scolaires.

  1. Atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique
  • Des individus non identifiés ont abattu Nahayo sur la colline Gitanga, commune et province Bubanza (ouest du pays) le 30 novembre 2018 dans la soirée. Des proches rapportent que la victime est un membre actif de la coalition de l’opposition Amizero y’Abarundi.

Sos-Torture/Burundi note que la police de Bubanza n’a identifié aucun suspect à ce jour. Crainte que cet assassinat ne soit lié à l’appartenance politique de la victime.

  • Un officier de police a abattu Louise Hagabimana (36 ans) à son domicile au quartier Kajiji, zone Kanyosha, commune Muha (sud de la ville de Bujumbura) le 4 décembre 2018. La victime est l’épouse de l’officier-tueur, le Major Prime Nduwimana. Des témoins rapportent que le couple s’est disputé, et le mari est devenu violent en giflant sa femme puis en lui tirant dessus à plusieurs reprises avec son arme de service. Le bébé du couple que l’épouse portait dans le dos a été grièvement blessé ; il a seulement huit (8) mois.

Sos-Torture/Burundi note que l’officier de police a été arrêté et mis en détention, et a été présenté devant le juge suivant la procédure de flagrance le 7 décembre 2018. Le tribunal a condamné le Major Nduwimana à la peine à perpétuité et à verser une somme de cinquante (50) million de francs Burundais comme dommages et intérêts au Père de la victime qui a eu la charge de la garde des enfants. La victime abattue avait six (6) enfants avec ce meurtrier.

Le Major Prime Nduwimana a abattu son épouse avec son arme de service

  • Un militaire a violé une petite fille de six (6) ans sur la colline Gahoma, zone Butahana, commune Mabayi, province Cibitoke (nord-ouest du pays) le 5 décembre 2018. Des témoins rapportent qu’il a été pris en flagrant délit durant l’agression.

Sos-Torture/Burundi note que l’auteur du viol a été arrêté et mis en détention. La victime a été hospitalisée suite à cette violente agression.

  1. Atteintes au droit à la liberté et à la sécurité physique
  • Des agents de la police ont arrêté Saleh Gitabu au centre de la commune et province Bubanza (ouest du pays) le 1e décembre 2018. Des témoins rapportent qu’il est accusé de rébellion, selon un mandat du procureur de Bubanza. La veille de cette arrestation, il a été cité par des participants à une réunion du gouverneur de Bubanza comme finançant des groupes rebelles. Des proches rapportent cependant que M. Gitabu est victime de n’avoir pas contribué pour le parti au pouvoir CNDD-FDD dont il est membre, depuis le début de la crise de 2015.

Sos-Torture/Burundi note un risque d’arrestation arbitraire de M. Gitabu. Il s’était exilé au Rwanda au début de la crise pour revenir au courant de cette année. Plusieurs personnes ayant séjourné au Rwanda ont été victimes d’arrestations arbitraires, parfois de disparitions forcées suite aux mauvaises relations entre le Burundi et le Rwanda. Les autorités burundaises accusent le Rwanda de vouloir déstabiliser le Burundi.

  • Des membres de la milice imbonerakure ont agressé Jean Marie sur la colline Kibago, commune Kibago, province Makamba (sud du pays) le 2 décembre 2018. Des témoins rapportent que le jeune élève a été également menacé de représailles notamment de vengeance ethnique : les miliciens lui ont dit que “les tutsis doivent payer ce qu’ils ont fait en 1972”, en référence aux massacres de hutus à cette époque.

Sos-Torture/Burundi note en outre la complicité des autorités administratives et policières locales. La victime a porté plainte contre ses agresseurs qu’il a pu identifier : les miliciens Anicet Ndayongeje et Jean Bosco Irakoze. Mais aucune suite n’a été donnée à cette plainte.

  1. Les collectes forcées dans les écoles se multiplient

Sos-Torture/Burundi a appris de plusieurs témoins que les élèves de l’école des travaux publics de Kirundo (nord du pays) sont forcés de contribuer un montant de 2000 francs/chacun par le directeur de l’établissement pour les élections de 2020. Ce directeur, Marc Nduwamahoro, est un membre actif de la milice imbonerakure du parti au pouvoir CNDD-FDD. Il a menacé de représailles les élèves qui ne lui remettraient pas en mains leurs contributions.

Sos-Torture/Burundi note le caractère forcé et la politisation imposée dans les activités scolaires. Des parents d’élèves rapportent cependant avoir déjà contribué comme ménage au sein de l’administration locale pour la même activité. Des témoins rapportent également que le directeur de cette école a menacé les élèves qui n’adhèrent pas au parti CNDD-FDD.

De plus en plus de responsables d’établissements scolaires exigent des contributions forcées supplémentaires aux élèves avant la fin du trimestre en cours.

De l’autre côté, en province de Makamba (Sud du pays), les contributions revêtent un caractère contraignant. Visiblement, le Gouverneur de la Province Makamba, Gad Niyukuri est prêt à tout. Des menaces de limogeage ne cessent d’être proférées à l’encontre des élus locaux et directeurs d’écoles. Le cas illustratif est le limogeage de SAGIRIJE, chef de colline Kanzenge, commune Makamba, Province Makamba, pour n’avoir pas suffisamment collecté des contributions pour les élections de 2020. D’autres ont été mis en garde et les principales victimes sont les élèves qui se voient aujourd’hui priver de leurs évaluations faute de moyens financiers pour contribuer aux élections.

SOS-Torture/Burundi a été initiée dans l’objectif d’informer l’opinion nationale et internationale sur les violations graves des droits de l’homme en cours au Burundi à travers des rapports de monitoring notamment sur la torture, les arrestations arbitraires, les disparitions forcées, les violences sexuelles et les exécutions sommaires.

Cette initiative d’informer sur les réalités du pays a fait suite au carnage d’une centaine de personnes tuées au cours de la journée du 11 décembre et celle du 12 décembre 2015 par des policiers et des militaires sous prétexte de poursuivre des rebelles qui venaient d’attaquer des camps militaires situées à la périphérie de la capitale

Les zones touchées sont dites contestataires du troisième mandat du Président Nkurunziza à savoir Musaga, Mutakura, Cibitoke, Nyakabiga, Jabe, les deux dernières étant situées au centre de la Mairie de Bujumbura.

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