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L’identité de ces présumés assassins est gardée cachée par la police de même que leurs conditions de détention.

L’identité de ces présumés assassins est gardée cachée par la police de même que leurs conditions de détention.

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by August 26, 2016 torture-au-peuple

Dans ce rapport de SOS-Torture du 16 au 23 juillet 2016, nous évoquons les arrestations arbitraires qui ont continué avec plus d’intensité dans la ville de Bujumbura notamment la zone Musaga qualifiée par le pouvoir de Bujumbura de zone contestataire du 3ème mandat du Président de la République Pierre Nkurunziza.

Plusieurs dizaines de personnes ont été victimes de rafles quotidiennes à Musaga, retenues durant des heures au chef-lieu de la zone. Le rançonnement forcé mené par les agents des forces de police est devenu une habitude, et le seul espoir pour les habitants victimes de ces rafles de pouvoir recouvrer leurs libertés aussitôt.

Outre ces rafles, quatorze personnes ont été arrêtées tantôt par la police, tantôt par des agents du service national des renseignements.A Makamba dans le sud du pays, les jeunes affilés au parti au pouvoir CNDD-FDD ont récidivé en menant illégalement des arrestations, parfois accompagnées de bastonnade envers les victimes.

Le rapport évoque aussi l’arrestation selon la police de trois suspects dans l’affaire de l’assassinat de la députée de l’EALA Hafsa Mossi abattue à Bujumbura en date du 13/07/2016. L’identité de ces présumés assassins est gardée cachée par la police de même que leurs conditions de détention.

  1. Arrestations arbitraires, enlèvements et disparitions forcées se poursuivent
  • La police a mené une rafle en date du 16 juillet 2016 dans la zone Buringa, commune Gihanga, province Bubanza (quelques kilomètres à l’ouest de Bujumbura). Une vingtaine de ménages ciblés ont été perquisitionnés et les occupants rassemblés dans un même espace durant des heures. Des témoins indiquent que les personnes rassemblées ont été tabassées et dépouillées de leurs biens par les agents de la police accompagnés de militaires. Ces opérations de rafle sont de plus en plus fréquemment menées par la police qui profite du ‘chaos’ pour dérober de l’argent et exiger des pots-de-vin en échange de la libération des victimes de ces arrestations intempestives.
  • Un jeune homme du nom de Jean Claude Nkunzimana a été arrêté dans la soirée du 16 juillet 2016 dans la commune Mabanda, province Makamba (sud du pays). L’arrestation est illégale car elle a été menée par des jeunes ‘Imbonerakure’ du parti au pouvoir CNDD-FDD accompagnés de policiers. Aucun mandat n’a été présenté et la fouille menée au domicile du jeune homme n’a permis aucune saisie, alors que les ‘Imbonerakure’ l’accusait d’appartenir à un groupe rebelle. Les proches et les professionnels de la loi dénoncent cette attitude comme une arrestation arbitraire. Le jeune homme est détenu au cachot de la commune Makamba.
  • Un autre jeune homme du nom de Jean Claude Nimubona a été arrêté en date du 15 juillet 2016 dans la commune Kibago, province Makamba (sud du pays). L’opération a été menée par la police mais la décision de l’arrêter émane du service national des renseignements. Le jeune homme est accusé d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat mais des proches rapportent qu’il s’agit d’un simple prétexte que le pouvoir a trouvé pour punir ceux qui ont participé aux manifestations contre le 3ème mandat du Président Burundais Pierre Nkurunziza en avril et mai 2015. Le jeune homme s’était rendu à Kibago pour la levée de deuil définitive de sa mère prévue le lendemain, cérémonies auxquelles il n’a pas été autorisé de participer.
  • Trois autres hommes ont été arrêté de manière illégale par des jeunes ‘Imbonerakure’ dans la commune et province Makamba (sud du pays) en date du 17 juillet 2016. Il s’agit de Kevin Niyibitegeka, Emmanuel Ndayirata et Nestor Nibitanga embarqués pour le cachot de la police de Makamba. Des témoins indiquent que les trois hommes ont été violentés puis ligotés et emmenés à bord d'un véhicule de la police, et cela en présence du gouverneur de la province Makamba. Les jeunes affiliés au parti au pouvoir opèrent régulièrement de telles opérations dans différentes localités alors que la loi burundaise autorise uniquement la police judiciaire et le parquet de mener une arrestation. Aucune autre autorité n’a les prérogatives de procéder à une arrestation, encore moins les jeunes d’un parti politique aussi longtemps qu’ils n’ont pas investie de la qualité d’ « OPJ ». Ils bénéficient malheureusement de la complicité des autorités administratives et policières, à l’instar des commissaires provinciales de police et de certains gouverneurs de province.
  • Cinq jeunes gens ont été arrêtés le 17 juillet 2016 par la police dans la commune Mwumba, province Ngozi (nord du pays). Les personnes arrêtées sont des élèves (5 garçons et 1 fille) habitant le site des déplacés de Ruhororo à Ngozi qui se rendaient au Rwanda. Aucune infraction n’a été reprochée à ces jeunes gens. Des proches dénoncent des arrestations arbitraires et abusives et demandent leur libération.
  • Une autre rafle a été menée en date du 18 juillet 2016 dans la zone de Musaga (sud de Bujumbura). Des témoins indiquent qu’une centaine de personnes ont été arrêtées par la police et contraints de verser des pots-de-vin pour être relâchés. Au terme de cette rafle, une personne a été embarquée vers le cachot de la zone Musaga.
  • Des agents du service national des renseignements ont arrêté un homme prénommé Placide à son domicile sis à la 13ème avenue du quartier Nyakabiga II (centre de Bujumbura) en date du 20 juillet 2016. L’opération a été menée par Joseph Mathias Niyonzima du service des renseignements, très cité dans des actes criminels dont des exécutions extrajudiciaires depuis le début de la crise en avril 2015 (cfr rapports SOS-Torture Burundi N° 3, 5, 9 et 10). Des témoins affirment qu’il a menacé de mort publiquement les proches ainsi que l’homme arrêté.
  • La police a arrêté trois hommes dans la zone Buringa, commune Gihanga, province Bubanza (quelques kilomètres à l’ouest de Bujumbura) en date du 20 juillet 2016 dans la soirée. Parmi ces trois hommes figure un représentant politique local du parti d’opposition MSD du nom d’Emmanuel Nibaruta ; un ancien militaire du nom de Théodore Nsengiyumva qui est actuellement un élu collinaire ainsi que Gérard Nsabimana. Des témoins indiquent que les trois victimes ont été enfermées dans un lieu de détention non officiel, puis détenues le lendemain au cachot de la police de Bubanza. Les familles et les proches craignent pour leur sécurité car ayant été informées qu’ils ont subi des actes de tortures peu après leurs arrestations.
  • La police a mené une autre rafle dans la zone Musaga (sud de Bujumbura) en date du 21 juillet 2016. Au moins cent cinquante (150) personnes ont été systématiquement appréhendées et rassemblées en groupe durant des heures sans motif. Les agents de la police exigeaient que les combattants se rendent. Après avoir été retenues de force, les cent cinquante (150) personnes ont été relâchées. Ces rafles intempestives et non justifiées constituent une intimidation et un harcèlement des habitants de la ville de Bujumbura; elles sont menées principalement dans les quartiers dits contestataires du 3ème mandat du Président Burundais Pierre Nkurunziza mais la zone Musaga est particulièrement ciblée.
  1. Assassinats, exécutions sommaires et attaques armées répertoriés
  • Un homme prénommé Polycardo a été blessé lors d’une attaque armée à son domicile sur la colline Murago, commune Ndava, province Mwaro (centre du pays) dans la soirée du 14 juillet 2016. La victime est un commerçant membre du parti au pouvoir CNDD-FDD qui a reconnu ses agresseurs. Trois d’entre eux ont été arrêtés en possession de grenades et il s’avère qu’ils font partie de la ligue ‘Imbonerakure’ des jeunes du parti CNDD-FDD. Des témoins du voisinage sont très inquiets car ces arrestations confirment que des jeunes civils du parti au pouvoir sont en possession illégale d’armes au su des autorités locales. Il s’observe aussi la complicité des membres des services de sécurité et des instances judiciaires qui ont décidé de libérer les trois suspects pourtant arrêtés en possession d’armes.
  • Un homme a été abattu dans la zone Bwiza (centre de Bujumbura) dans la soirée du 18 juillet 2016. La victime se prénomme Vedaste. Des témoins indiquent qu’il a été assassiné par deux hommes armés alors qu’il rentrait chez lui ..
  • Une femme du nom de Capitoline Ntarwimo a été assassinée dans la soirée du 19 juillet 2016 à son domicile dans la zone Rubona, commune Mugina, province Cibitoke (nord-ouest du pays). Des témoins rapportent que la victime a été tuée par armes blanches et ses trois enfants ont été blessés.

Le corps découvert, emballé dans un sac

  • UN corps d’un homme assassiné a été découvert en date du 20 juillet 2016 dans le quartier Kajaga, commune Mutimbuzi, province Bujumbura. La victime qui n’a pas été identifiée a par la suite été emballée dans un sac. .
  1. Trois personnes arrêtées dans l’affaire de l’ancienne députée Hafsa Mossi

La police nationale a annoncé avoir appréhendé jeudi 21 juillet 2016 trois suspects dans l’affaire de l’assassinat de la député burundaise de l’East African Legislative Assembly (EALA) Hafsa Mossi (cfr rapport SOS-Torture Burundi N°31). Elle n’a cependant pas communiqué les noms des suspects arrêtés mais ajoute que les présumés auteurs ont avoué avoir reçu« ordres et financement à partir d’autres éléments basés à Kigali ».

Cette annonce est très vague et ne permet pas de savoir les conditions de détention des suspects ou s’ils disposent de toutes les garanties nécessaires prévues par la loi pour la manifestions de la vérité. Leur lieu de détention n’a également pas été communiqué.

  1. Des lycéens accusés de gribouillage relâchés

Après presque un mois de détention, six lycéens de Rumonge ont été relâchés en date du 22 juillet 2016. Ils avaient été arrêtés le 25 juin 2016 pour gribouillage de la photo du Président Burundais se trouvant dans les manuels scolaires (cfr rapport SOS-Torture Burundi N°28).

Avec ces libérations, il reste encore onze élèves incarcérés dans tout le pays pour ces mêmes gribouillages : sept sont à Muramvya et quatre autres à Cankuzo. Le sort réservé à ces élèves, poursuivis pour outrage au Chef de l’Etat, est exagéré d’autant plus qu’aucune preuve de culpabilité n’a été établie par la police ou le parquet jusque-là.

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