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RAPPORT N°160 DE SOS-TORTURE/BURUNDI PUBLIE LE 5 JANVIER 2019

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by January 5, 2019 Uncategorized

Ce rapport de SOS-Torture/Burundi couvre la période du 29 décembre 2018 au 5 janvier 2019 concernant les cas de violations et atteintes aux droits de l’homme au Burundi.

Au moins quatre (4) personnes ont été assassinées au cours de la période et dans différentes localités. Parmi les victimes figurent une octogénaire et sa petite fille poignardée à Mwaro. Un autre commerçant a été abattu à Makamba, et un homme a survécu à une tentative d’assassinat après avoir été poignardé par des miliciens imbonerakure à Cibitoke.

Le rapport évoque également l’arrestation de quatre (4) membres de la communauté musulmane à Makamba, en conflit avec la représentation de leur communauté suite à leur refus d’adhérer au parti au pouvoir CNDD FDD.

Sos-Torture/Burundi relève également les pillages systématiques des maisons des opposants et officiers de haut rang en exile ces dernières semaines dans la ville de Bujumbura. Ces actes de vandalisme et d’occupation illégale commis par des agents de police sont consécutives à l’annonce du gouvernement de spolier les propriétaires accusés d’atteinte à la sécurité de l’État.

  1. Atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique
  • Des individus non identifiés ont assassiné Cécile Gatete (80 ans) et Audrey Bukeyeneza (20 ans) sur la colline Namande, commune Rusaka, province Mwaro (centre du pays) le 1er janvier 2019 dans la soirée. Des proches rapportent que les victimes ont été poignardées. La jeune fille est la petite fille de Mme Gatete.

Sos-Torture/Burundi note que la police de Rusaka a annoncé l’arrestation d’un suspect.

  • Des membres de la milice imbonerakure ont tenté d’assassiner Pierre Nzoyisaba dans la commune Rugombo, province Cibitoke (nord-ouest du pays) le 1er janvier 2019 dans la soirée. Des proches rapportent qu’il a été poignardé au niveau des côtes et dépouillé de ses biens par les mêmes agresseurs.

Sos-Torture/Burundi note que la police n’a arrêté aucun suspect à ce jour. Des témoins rapportent que les auteurs sont parmi les miliciens imbonerakure qui effectuent des rondes nocturnes, et qui s’attaquent aux habitants la nuit.

  • Des individus non identifiés ont abattu Émile Ntahiraja sur la colline Gifumbe, commune Kibago, province Makamba (sud du pays) le 3 Janvier 2019. Des proches rapportent que la victime a été interceptée de retour de ses activités de commerce et de changeur de monnaie près de la frontière burundo-tanzanienne.

Sos-Torture/Burundi note que la police de Kibago n’a identifié aucun suspect de cet assassinat à ce jour.

  • Des individus non identifiés ont assassiné Désiré Nihorimbere sur la colline mukimba, commune Nyanza-Lac, Province Makamba (Sud du Pays) le 3 Janvier 2019.

Sos-Torture/Burundi note que la police a annoncé l’arrestation de deux présumés auteurs.

  1. Atteintes au droit à la liberté et à la sécurité physique
  • Des agents de la police ont arrêté Saleh Katandazi, Moussa Nimbesha, Ferouz Karenzi et Pascal Niyukuri au centre de la commune et province Makamba (sud du pays) le 26 décembre 2018. Des témoins rapportent que les quatre hommes sont membres de la communauté musulmane locale, et sont accusés par le représentant de cette communauté de rébellion envers la hiérarchie.

Sos-Torture/Burundi a aussi appris l’immixtion des responsables du parti CNDD-FDD de Makamba pour contrôler la communauté musulmane locale à travers les représentants actuels de cette communauté. Des proches des personnes arrêtées rapportent que ces quatre hommes sont victimes de n’avoir pas adhérés au parti au pouvoir. Il s’agit de détentions abusives et arbitraires.

  • Des membres de la milice imbonerakure ont agressé et tabassé Alphonse Nibigira dans le secteur Mparambo I, commune Rugombo, province Cibitoke (nord-ouest du pays) le 1er janvier 2019 dans la soirée. Des proches rapportent que les agresseurs ont laissé la victime agonisante.

Sos-Torture/Burundi note la violence de l’agression, et l’impunité dont jouissent les auteurs pourtant connus des services de police puisqu’ils sont parmi les miliciens qui mènent des “patrouilles ” nocturnes.

  1. Les autorités burundaises autorisent le pillage systématique des maisons des opposants en exile.

Sos-Torture/Burundi a appris le pillage systématique de plusieurs maisons d’opposants et d’anciens hauts gradés des forces de défenses dans la ville de Bujumbura. Des témoins rapportent que ce pillage a été opéré par des agents de la police et Service des Renseignements Burundais.

Les maisons visées sont entre autres celle du Colonel Gérard Cishahayo, ancien chef du service des renseignements dont la maison située à Kinindo (sud de la ville de Bujumbura) a été vandalisée au début du mois de décembre 2018 alors que des agents de police venaient l’arrêter dans le cadre des enquêtes sur l’assassinat de l’ancien président Melchior Ndadaye. Des proches rapportent que le concerné n’était plus à sa résidence, et les pillages ont débuté ce même jour.

En date du 29 décembre 2018, d’autres agents de la police ont saccagé et pillé la maison du Général Pontien Gaciyubwenge, ancien Ministre de la défense jusqu’en 2015 qui vit actuellement en exil. Des témoins rapportent que la même opération a été menée aux domiciles du Général Godefroid Niyombare et de M. Onésime Nduwimana également en exil. Ils sont respectivement ancien chef du service des renseignements burundais et ancien porte-parole du parti au pouvoir CNDD FDD.

Sos-Torture/Burundi a aussi appris le pillage de la résidence du Général Philbert Habarugira et celle du Lieutenant-Colonel Eduard Nshimirimana le 2 janvier 2019 toutes au quartier Kinanira, commune Muha (sud de la ville de Bujumbura).

Sos-Torture/Burundi note que ces pillages sont consécutifs aux déclarations de la Ministre de la justice qui avait annoncé le 13 décembre 2018 l’intention des autorités de spolier et de revendre les propriétaires des maisons “où des armes auraient été saisies” depuis le début de la crise 2015. Sos-Torture Burundi avait relevé le risque que ces actes illégaux ne visent les biens des personnes vivant en exil et opposés au gouvernement (cfr rapport Sos-Torture Burundi N°157 : http://sostortureburundi.org/wp-content/uploads/2018/12/SOS_Torture_Burundi_numero_157.docx). Les actes de pillage et d’occupation illégale par la police confirment ces craintes.

SOS-Torture/Burundi a été initiée dans l’objectif d’informer l’opinion nationale et internationale sur les violations graves des droits de l’homme en cours au Burundi à travers des rapports de monitoring notamment sur la torture, les arrestations arbitraires, les disparitions forcées, les violences sexuelles et les exécutions sommaires.

Cette initiative d’informer sur les réalités du pays a fait suite au carnage d’une centaine de personnes tuées au cours de la journée du 11 décembre et celle du 12 décembre 2015 par des policiers et des militaires sous prétexte de poursuivre des rebelles qui venaient d’attaquer des camps militaires situées à la périphérie de la capitale

Les zones touchées sont dites contestataires du troisième mandat du Président Nkurunziza à savoir Musaga, Mutakura, Cibitoke, Nyakabiga, Jabe, les deux dernières étant situées au centre de la Mairie de Bujumbura.

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