30 Oct

Alerte des procédures spéciales de l’ONU sur la situation des droits humains au Burundi : Quels sont les impacts des mécanismes internationaux des droits humains au Burundi ?

Bulletin de Justice N° 85

Le Burundi continue de manquer gravement à ses obligations de coopération avec les mécanismes internationaux des droits de l’homme issus des traités qu’il a ratifiés, notamment avec le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Burundi, dont le mandat ne cesse d’être renouvelé depuis son adoption par le Conseil des Droits de l’Homme le 8 octobre 2021 à travers la résolution 48/16.

Antérieurement, le Gouvernement burundais ne coopérait pas non plus avec la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi, créée par la résolution 33/24 du Conseil des droits de l’homme, le 30 septembre 2016. Le mandat de cette commission a été renouvelé chaque année jusqu’en 2020, sans que ses membres soient autorisés à se rendre sur le territoire burundais.

Cependant, les violations flagrantes des droits humains continuent d’être systématiquement dénoncées par des organisations de défense des droits humains, tant au niveau national qu’international. Ces violations se manifestent notamment par des tragédies telles que les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, la torture ainsi que les traitements cruels, inhumains et dégradants, particulièrement depuis la crise de 2015 liée au troisième mandat contesté de l’ancien président Pierre Nkurunziza.

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15 Août

Retour au parti unique et droits humains à l’épreuve … Qui « prépare une tombe suffisamment grande pour contenir le Burundi » au cimetière de Mpanda ?

Le Burundi traverse une crise socio-politique et économique depuis 2015, exacerbée par le gel des aides internationales en raison des violations des droits humains
.Le Président Evariste Ndayishimiye accuse les fonctionnaires de contribuer à la détérioration de la situation, alors que la confiance du peuple en ses promesses s’érode. En effet, sous son régime, les violations des droits humains se poursuivent, héritées de l’époque de son prédécesseur Pierre Nkurunziza, et le gouvernement refuse de collaborer avec les mécanismes internationaux de protection des droits. Cette situation complique le rétablissement de la coopération avec les partenaires internationaux, aggravant la crise économique.
Le retour au monopartisme et les dérives autoritaires soulèvent des inquiétudes quant à l’avenir de la démocratie et à la gouvernance au Burundi. Le parti CNDD-FDD contrôle désormais toutes les institutions étatiques, ce qui menace les acquis démocratiques et le développement socio-économique du pays.
Dans le cadre de sa mission de contribuer à la promotion d’un Etat de droit au Burundi, SOS-Torture Burundi souhaite, à travers le présent numéro, attirer l’attention des autorités burundaises et de la communauté, tant nationale qu’internationale, sur la dérive autoritaire du régime burundais qui accentue le recul démocratique et les violations des libertés fondamentales des citoyens.
La première partie est consacrée au rappel des fraudes orchestrées par le parti au pouvoir et la commission électorale nationale indépendante (CENI) qui lui est inféodée lors des élections législativeset communales du 5 juin 2025.
La deuxième partie traite des conséquences de la monopolisation des institutions étatiques par le CNDD-FDD.
La troisième et dernière partie porte sur le rôle de la population dans la préservation des acquis démocratiques. Une conclusion générale et des recommandations viendront clore ce numéro.

24 Juil

26 Juin : Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture : METTRE UN TERME A L’EROSION DES DROITS HUMAINS ET DES VALEURS DEMOCRATIQUES AU BURUNDI

BULLETIN DE JUSTICE N° 82 du 30 Juin 2025

Editorial

Comme à l’accoutumée, le monde a célébré, le 26 juin 2025 la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, proclamée par l’ONU afin de lutter contre la torture et d’accompagner  les victimes. Le Burundi a adhéré à la Convention contre la torture en 1993, intégrant ses principes dans sa législation, notamment  en inscrivant  l’interdiction absolue de la torture dans sa Constitution de 2018.Trente-deux ans après l’adhésion du Burundi à la Convention,  la situation des droits humains au Burundi demeure alarmante, particulièrement depuis la crise de 2015, qui se manifeste toujours par des violations systématiques, notamment des disparitions forcées et des détentions arbitraires, visant particulièrement les opposants politiques.

Des organisations de la société civile rapportent une impunité persistante et l’absence de progrès significatifs dans la mise en œuvre des recommandations du Comité contre la Torture depuis 2023. Le même constat  a été fait par le Rapporteur spécial des Nations Unies, Fortuné Gaëtan Zongo. Lors du dialogue interactif sur le Burundi tenu à Genève, le 26 juin 2025, Il a dénoncé un climat politique verrouillé et une impunité généralisée, avec des atteintes aux droits fondamentaux qui persistent, malgré une apparente normalisation. D’autres acteurs étatiques et non étatiques lui ont emboîté le pas au cours de ces assises.

Plus préoccupant encore, les élections législatives et communales de juin 2025, tenues dans ce climat délétère, ont accéléré l’érosion des droits civils et politiques suite à des manipulations électorales  ayant consacré l’hégémonie du parti au pouvoir au Parlement et dans l’administration territoriale.

La présente édition du Bulletin de Justice attire l’attention de l’opinion publique et des partenaires du Burundi sur la persistance alarmante des violations des droits humains dans un nouveau paysage politique de monopartisme de fait, incarné par le CNDD-FDD (Conseil National de Défense de la Démocratie-Force pour la Défense de la Démocratie), au détriment des principes de participation citoyenne et d’obligation de rendre compte.

SOS-TORTURE Burundi s’inscrit ainsi dans le plaidoyer en faveur de l’urgente nécessité d’un dialogue politique inclusif   en vue de la restauration de la stabilité politique et de la démocratie, notamment à travers le rétablissement et la mise à jour de l’Accord d’Arusha, d’autant plus que le troisième mandat de Pierre Nkurunziza en 2015, qui a plongé le pays dans l’imbroglio politico-judiciaire persistant, a été invalidé en 2021 par la Cour de Justice de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est, The East African Court of Justice (EACJ).

Ainsi, la première partie revient sur la portée symbolique de la Journée internationale des Nations Unies pour le soutien aux victimes de la torture, proclamée dans l’intention de sensibiliser le monde à l’élimination de la torture en application de la Convention Internationale Contre la Torture dont le Burundi est partie depuis 1993.

La deuxième partie décrit le climat délétère de violation des droits de l’homme au Burundi dans lequel la journée a été célébrée le 26 juin 2025, au regard de l’ampleur des préoccupations exprimées au cours du dialogue interactif tenu à Genève sur le Burundi et par des procédures spéciales qui ont adressé en avril 2025 une communication au Gouvernement sur les violations.

Enfin, la troisième partie, suivie d’une conclusion et des recommandations, aborde l’impact des élections de 2025-2027 sur la dégradation des institutions démocratiques et des droits de l’homme ainsi que sur la nécessité d’un dialogue politique inclusif pour mettre un terme à  cette descente aux enfers du Burundi depuis 2015.

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24 Juin

Discrimination, fuite des cerveaux, travailleurs migrants sans protection …LE GOUVERNEMENT DOIT REDUIRE LE DECALAGE ENTRE LA LOI ET SON APPLICATION EN MILIEU DU TRAVAIL

Bulletin de Justice N° 81 du mois Mai 2025

Le numéro traite des défis liés à la protection des droits des travailleurs au Burundi, notamment la discrimination, la cherté de la vie et la fuite des cerveaux. Il met en évidence l’existence du cadre juridique et des mécanismes de protection des travailleurs mais qui ne sont pas suffisamment mis en oeuvre.

Pour remédier aux défis du marché de l’emploi, des recommandations sont proposées aux différents acteurs, y compris le gouvernement, les syndicats, les travailleurs et les employeurs. ​

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28 Fév

Violation de la Charte de l’Unité Nationale : Le Gouvernement doit mettre fin à la propagande haineuse au Burundi

Editorial 

Le Burundi commémore solennellement, tous les mois de février, l’adoption de la Charte de l’Unité Nationale par référendum, le 5 février 1991, sur base des travaux d’une commission mise en place en 1988, composée de 24 membres. Sa mission était entre autres celle de « mener des investigations poussées sur l’unité des Barundi dans ses fondements historiques et socio-culturels »

Mais, le 34ème anniversaire de cette Charte a été célébré dans un climat délétère au Monument de l’Unité sur le mont Vugizo, le 5 février 2025, où « il n’y a pas eu de discours commémoratif, ni de prière œcuménique, encore moins le traditionnel hymne de l’unité, ce qui contraste avec les festivités des années précédentes ».La cérémonie n’a duré qu’une dizaine de minutes, juste le temps pour le dépôt d’une gerbe de fleurs au pied du monument par le Vice-président de la République, Prosper Bazombanza, en présence de quelques autorités et d’une poignée de curieux des environs venus assister à ce spectacle peu reluisant.

Le grand absent ou empêché était le Président Evariste Ndayishimiye, qui se trouvait avec son épouse à Washington DC pour le « National Prayer Breakfast » organisé du 5 au 6 février 2025. Mais, Il n’a pas daigné adresser un message de circonstance aux Burundais, comme il le fit lors du 31ème anniversaire de la Charte le 5 février 2022, à partir de l’Ethiopie où il était en mission officielle. A ce moment-là, il invita les Burundais « à pérenniser et à préserver la cohésion sociale entre frère et fils de la nation qui sont respectueux des valeurs d’Ubuntu » et il les exhortait à mettre en pratique le thème de ce mois-là de février 2022, à savoir « dépassons ce qui s’est passé, souvenons-nous que nous sommes une seule et même famille »

Il est manifestement évident que le Président Evariste Ndayishimiye ne pouvait pas livrer un message d’unité nationale alors qu’au cours du mois précédent de janvier 2025, il avait tenu des discours enflammés sur l’imminence d’une guerre généralisée dans les pays des Grands- Lacs, des propos qui ont été suivis par une propagande haineuse sur les réseaux sociaux et qui risquent de réveiller les vieux démons des divisions ethniques au Burundi.

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11 Fév

Violation totale du Cadre Juridique de l’intervention militaire en RDC : UNE MENACE POUR LA SECRUTE ET LA PAIX AU BURUNDI ET DANS LA REGION DES GRANDS LACS

 

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Editorial

Dans sa conférence de presse du 3 janvier 2025, le président du CNDD-FDD, Réverien Ndikuriyo se réjouissait de la bonne mise en œuvre de l’accord de coopération militaire (tenu secret) entre le Burundi et la RD Congo pour combattre les groupes rebelles dans ce pays, dont le M23 au Nord-Kivu.

Dans sa conférence de presse du 3 janvier 2025, le président du CNDD-FDD, Réverien Ndikuriyo se réjouissait de la bonne mise en œuvre de l’accord de coopération militaire (tenu secret) entre le Burundi et la RD Congo pour combattre les groupes rebelles dans ce pays, dont le M23 au Nord-Kivu.1

Au cours des jours suivants, l’armée burundaise, comme ses alliés congolais, FDLRs et sud-africains, ont subi de lourds revers lors des affrontements du 14 janvier 2025 avec le M23 à Ngungu, dans le territoire de Masisi, où au moins 200 soldats burundais auraient été tués. 2

Très embarrassé, le porte parole de l’armée burundaise, le Général de Brigade, Gaspard Baratuza, au cours d’une conférence de presse qu’il a tenue le 16 janvier 2025, a reconnu, sans fournir des détails, des pertes d’hommes sur le champ de bataille, tout en fustigeant « les informations propagandistes, manipulées » émanant des réseaux sociaux qui faisaient état de plus de 400 militaires burundais tués ou capturés par les rebelles du M23.3

Il est à rappeler que la recrudescence des combats au Nord-Kivu a eu lieu au lendemain de la visite éclair du président congolais, Félix Tshisekedi à Bujumbura , le 22 décembre 2024 où il a rencontré son homologue Evariste Ndayishimiye pour discuter « des questions relatives à la coopération entre leurs pays respectifs et la question sécuritaire dans la Région des Grands-Lacs ».4

Une semaine plus tôt, le sommet tripartite de Luanda qui devait réunir les chefs d’Etat du Rwanda et de la RDC autour du Médiateur dans le conflit congolais Joao Lourenço d’Angola avait été annulé à la dernière minute et par surprise le15 décembre 2024.5

La présente édition du Bulletin de Justice aborde la problématique de l’implication de l’armée burundaise dans une guerre illégitime en RD Congo et qui occasionne des pertes importantes en vies humaines des militaires burundais déployés illégalement en territoire étranger pour des intérêts inavoués et sectaires d’une poignée de caciques du parti CNDD-FDD au pouvoir.

Puis, au delà des pertes en vies humaines, la dérive politique du CNDD-FDD d’engager le Burundi dans des alliances politico-ethniques avec les milieux véhiculant l’idéologie génocidaire au niveau régional expose le Burundi aux risques de conflit violent avec le Rwanda au détriment des peuples des deux pays qui partagent pourtant les mêmes valeurs humaines et socio-culturelles.

Cette tendance a été illustrée par des propos négationnistes du génocide des Tutsi du Rwanda tenus par le président du CNDD-FDD Réverien Ndikuriyo au cours de la conférence mentionnée du 3 janvier 2025. Pour lui, « le Rwanda pleurniche toujours au sujet du génocide commis contre des Tutsis il y a de cela 30 ans sans qu’il ait pu mettre hors d’état de nuire les présumés génocidaires alors qu’il n’a jamais cessé de les traquer jusqu’en RDC ». Il tournait en dérision les reproches selon lesquelles l’armée burundaise serait de connivence en RD Congo avec les FARDC, Wazalendo et FDLRs, tenants de l’idéologie génocidaire des Tutsi au Rwanda en 1994.1

Ainsi à travers la présente publication, SOS-TORTURE BURUNDI s’inscrit dans le plaidoyer en faveur d’une culture de bonne gouvernance et de la promotion de l’État de droit au Burundi par le respect de la loi, en scrutant le cadre juridique de l’intervention des militaires burundais en République Démocratique du Congo.

L’objectif de l’analyse vise donc à attirer l’attention de l’opinion publique sur les conditions du déploiement de l’armée burundaise en territoire étranger en violation du cadre légal régissant l’intervention militaire burundaise en territoire étranger, avec toutes les conséquences qui en découlent tant sur le plan humain, politico-diplomatique et sécuritaire.

Il est aussi question d’interpeler les autorités burundaises au strict respect de la loi dans les opérations susceptibles de mettre en danger la vie des militaires burundais tout en les mettant devant leurs propres responsabilités relativement aux violations éventuelles de la loi.

Ainsi, la première partie traite du cadre légal de l’intervention de l’armée burundaise à l’étranger. La deuxième partie revient sur le déploiement des militaires burundais en République Démocratique du Congo tandis que la troisième et dernière partie est consacrée aux conséquences de l’intervention militaire burundaise en RDC sur la paix et la stabilité dans la Région des Grands- Lacs. Enfin, une conclusion générale est tirée et des recommandations sont formulées à l’endroit des autorités politiques et militaires responsables directes et/ou indirectes des violations de la loi qui ont endeuillé des familles entières des militaires.

La Rédaction

1 Burundi Daily, 9 Janvier 2025, Kigali irrité par les propos de Révérien Ndikuriyo sur la présence des FDLR à l’est de la RDC, Lien : https://www.burundidaily.net/post/kigali-irrite-par-les-propos-de-reverien-ndikuriyo-sur-la-presence-des-fdlr-a-lest-de-la-rdc

1 Yaga-Burundi, 6 janvier 2025 Conférence de presse du CNDD-FDD, Lien : https://www.yaga-burundi.com/conference-presse-cndd-fdd/

2 Igihe, 17 janvier 2025, L’armée burundaise reconnaît la perte de ses soldats en RDC, Lien : https://fr.igihe.net/L-armee-burundaise-reconnait-la-perte-de-ses-soldats-en-RDC.html

3 Radio Indundi Culture, 17 Janvier 2025, Burundi : Les pertes de l’armée en RDC, une situation confuse, Lien : https://indundi.com/burundi-les-pertes-de-larmee-en-rdc-une-situation-confuse/

4 Géopolis-Magazine, 23 décembre 2024, RDC – Burundi : Tshisekedi et Ndayishimiye en tête-à-tête pour parler coopération et sécurité, Lien : https://geopolismagazine.org/rdc-burundi-tshisekedi-et-ndayishimiye-en-tete-a-tete-pour-parler-cooperation-et-securite/

5 Géopolis-Magazine, 23 décembre 2024, RDC – Burundi : Tshisekedi et Ndayishimiye en tête-à-tête pour parler coopération et sécurité, Lien: https://geopolismagazine.org/rdc-burundi-tshisekedi-et-ndayishimiye-en-tete-a-tete-pour-parler-cooperation-et-securite/

30 Nov

Le droit au vote libre bafoué : LE GOUVERNEMENT EST TENU DE GARANTIR LES DROITS DES ÉLECTEURS ET DES CANDIDATS PENDANT TOUTE LA DURÉE DU PROCESSUS ÉLECTORAL / Analyse critique

Editorial

Selon le calendrier annoncé par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) le 15 octobre 2024, les premières élections sont prévues pour le 05 juin 2025. Il s’agit des élections combinées des députés et des conseillers communaux. Suivront celles des Sénateurs le 23 juillet, avant celles des conseillers collinaires et de quartiers le 25 août de la même année.1

Au Burundi, ce processus opérationnel pour le rendez-électoral de 2025 a débuté avec l’enrôlement des électeurs en vue de constituer le fichier électoral, du 22 au 31 octobre 2024.

A ce stade déjà, les médias tiraient la sonnette d’alarme sur des soupçons de fraudes dans la délivrance de la carte nationale d’identité, l’établissement des documents administratifs afférents au vote, des enrôlement multiples, entre autres sujets soumis au débat.

Mais, ce qui a surpris le plus, c’est particulièrement l’attitude déplorable des autorités administratives à recourir à des pratiques illégales pour forcer les retardataires ou les récalcitrants à l’enrôlement à se faire enregistrer. Des actes de harcèlement, de menaces et même de violence ont été commis à l’endroit des victimes par des agents de l’ordre et leurs complices dont des miliciens Imbonerakure.

Les cas les plus emblématiques sont notamment les mauvais traitements infligés au militant du parti CNL (Congrès National pour la Liberté), Léonard Habayimana, responsable local de ce parti en commune Vumbi de la Province de Kirundo, par des Imbonerakure. Il a été violemment battu et grièvement blessé pour incitation présumée des habitants de sa localité à ne pas se faire enrôler. L’autre cas typique est celui de l’arrestation, en date du 30 octobre 2024, d’une femme qui s’appelle Mireille

Nkurunziza par des Imbonerakure, en complicité avec le Commissaire provincial de la police, dans la province Ruyigi parce qu’elle n’avait pas pu exhiber le récépissé comme preuve d’inscription. Elle a été relâchée après avoir payé une amende.

Bien plus, les exemples ont été légion dans plusieurs localités du pays où des mesures abusives et illégales ont été prises par les autorités administratives comme l’interdiction d’accès à divers services administratifs et des places publics, comme les marchés, sans exhiber préalablement le récépissé d’enrôlement au rôle d’électeurs.

Précisément, ces abus ont été observés en Mairie de Bujumbura, à Cibitoke, à Bubanza, à Ngozi, à Gitega, à Rumonge, à Mwaro où les administrateurs communaux, les chefs de zone, les directeurs provinciaux ou communaux de l’enseignement, les chefs de colline rivalisaient d’ardeur pour obliger la population en âge de voter à « s’enrôler pour les élections de 2025, de gré ou de force »

Paradoxalement, les autorités gouvernementales affichaient une attitude complice lorsque le Ministre de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique annonçait que des « stratégies » ont été prises à des fins d’inciter les récalcitrants à se faire enrôler6. Dans une réunion tenue à Bugarama le 28 octobre 2024 à l’endroit des partis politiques et des organisations de la société civile, le Ministre Martin Niteretse a reconnu qu’il a « demandé aux administratifs de prendre toutes les stratégies possibles …

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11 Sep

Les Défenseurs Des Droits Humains Burundais appellent au renouvellement du mandat du Rapporteur Spécial

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29 Août

Lettre de 39 organisation des droits humains aux Représentants permanents des États Membres et Observateurs du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (Genève, Suisse)

À l’attention des Représentants permanents des États Membres et Observateurs du Conseil des droits de

l’homme des Nations Unies (Genève, Suisse)

Le 29 août 2024

À un moment critique pour le Burundi, le mandat du Rapporteur spécial reste indispensable

Madame, Monsieur le Représentant permanent,

Alors que de graves violations des droits humains continuent d’être commises au Burundi dans un contexte d’impunité généralisée et que le pays se prépare à des élections législatives et présidentielle dans un environnement national et régional tendu, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU devrait maintenir une surveillance étroite de la situation.

Lors de sa 57ème session (9 septembre-11 octobre 2024), le Conseil devrait renouveler le mandat du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Burundi. Il devrait indiquer clairement que tout changement futur de son approche sera lié à des réformes structurelles et à des améliorations tangibles de la situation des droits humains dans le pays, plutôt qu’à des développements politiques.

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31 Juil

CRÉER DES CONDITIONS DE STABILITÉ EN LIEU ET PLACE DES DISCOURS DÉMAGOGIQUES NIANT LA PAUVRETÉ ET LES VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS

 

Editorial 

Depuis plus de trois ans, le Burundi évolue sous l’ombre d’une crise économique et sociale aiguë, caractérisée par des pénuries de devises et de carburant, entraînant une hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité. Le pays fait également face aux graves conséquences des aléas climatiques récents, qui ont dévasté d’importantes infrastructures socio-économiques et créé un besoin urgent d’assistance humanitaire.

C’est dans cette morosité ambiante, marquée par une pauvreté omniprésente, la criminalité croissante et les violations des droits de l’homme que le 62ème anniversaire de l’indépendance du Burundi a été célébré le 1er juillet 2024.

Malgré cette situation alarmante, le discours du Président Evariste Ndayishimiye à l’occasion de cette circonstance ineffable a surpris plus d’un. En effet, au lieu de proposer des solutions concrètes aux défis auxquels le pays est confronté, le Président s’est contenté d’affirmer que le Burundi n’était pas un pays pauvre et que la jeunesse du pays était active, excepté les paresseux.

Cependant, le microcosme politique de Gitega reste conscient que cette mauvaise conjoncture socio-économique place le CNDD-FDD au pouvoir dans une position inconfortable en plein processus électoral 2025-2027.

C’est sans conteste la raison derrière une vaste opération de séduction du public, menée par le Président Evariste Ndayishimiye, pour dissiper le malaise social manifeste et rehausser sa popularité. En effet, depuis le 9 juillet 2024, Ndayishimiye a entamé « la caravane inkebuzo » à partir de la commune de Mugina en province de Cibitoke qui devait le conduire dans les 18 provinces du pays. C’est également au cours de ces descentes sur le terrain que Ndayishimiye a annoncé en grande pompe la découverte d’une faramineuse mine de cassitérite de Murehe, au Nord du pays, qui « va sortir le pays de la pauvreté ».

Toutefois, cette sorte de campagne présidentielle, qui s’apparente à une propagande électorale à peine camouflée, se heurte à un mécontentement public qui se manifeste déjà par des tracts découverts ici et là depuis le 1er juillet 2024, invitant le Président Ndayishimiye à démissionner pour ne pas avoir trouvé des solutions concrètes aux défis auxquels le pays est confronté.

Entre-temps, le Gouvernement fait toujours la sourde oreille aux appels incessants des acteurs nationaux et internationaux pour le respect de ses engagements en matière des droits de l’homme.

Le dernier exemple en date est sans nul doute les propos de Mme Elisa Nkerabirori, Ambassadrice du Burundi en Suisse, qui a qualifié le mandat du Rapporteur Spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Burundi   de « mécanisme mis en place sur base de la calomnie et d’infamie à l’endroit de ses instances étatiques et de toute une population », lors du dialogue interactif sur le Burundi tenu le 4 juillet 2024 dans le cadre de la 56ème session du Conseil des Droits de l’Homme à Genève.

Cette édition du Bulletin de Justice a pour but de mettre en lumière les enjeux à l’approche des élections de 2025 et de plaider pour des mesures appropriées afin de prévenir l’aggravation de la crise.

La première partie évoque le climat délétère dans lequel le 62ème anniversaire de l’indépendance a été célébré sans que le discours présidentiel n’offre de perspectives de solution à la crise en cours.

La deuxième partie aborde la problématique de déni des violations continues des droits de l’homme par le régime de Gitega, surtout à l’approche de la fièvre électorale de 2025 et 2027, ce qui constitue un facteur aggravant de la crise.

La troisième partie, suivie d’une conclusion, met en exergue l’urgence pour les autorités burundaises de prendre des mesures concrètes afin d’améliorer la gouvernance et de respecter les droits humains, des principes sur base desquels se fonde la coopération au développement pour stabiliser la situation socio-économique et politique du pays.

La Rédaction

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