Catégorie : Déclaration
Rapport Hebdomadaire N°522
Le présent rapport de SOS-Torture Burundi couvre la période du 6 au 13 décembre 2025. Il documente les cas de violations des droits de l’homme commises sur le territoire burundais.
Au cours de cette période, une (1) personne a été gravement torturée après son enlèvement par des agents du Service National de Renseignement (SNR) dans la province de Bujumbura.
La société civile burundaise commémore les dix ans des massacres des 11-12 décembre 2015, des attaques planifiées par les services de sécurité et la milice Imbonerakure ayant causé des centaines de morts parmi les civils. Malgré des preuves accablantes, aucune enquête crédible n’a été menée, installant une impunité totale.
Dix ans plus tard, les familles restent sans vérité, sans justice et sans sépulture pour leurs proches. Les organisations réaffirment leur engagement à poursuivre la quête de justice, nationale ou internationale.
Elles appellent enfin le gouvernement, la CPI et la communauté internationale à mettre fin à l’impunité et aux violations persistantes des droits humains.
Trouvez ici la DECLARATION DES OSC SUR LES MASSACRES DU 11 Déc 2015 VF
SOS-Torture Burundi : 10 ans de documentation et de lutte contre les violations des droits humains
Ce 11 décembre 2025, SOS-Torture Burundi commémore le dixième anniversaire des massacres des 11 et 12 décembre 2015, où des centaines de civils ont été tués, torturés ou portés disparus. C’est à la suite de ces crimes et de l’impunité persistante que SOS-Torture est née, pour documenter les violations des droits humains, assister les victimes et plaider pour la justice. Depuis dix ans, l’organisation travaille auprès des instances nationales et internationales pour exiger des enquêtes indépendantes et la réparation des victimes. La mémoire des victimes demeure au cœur de son engagement pour un Burundi sans violence.
Lire ici la Déclaration_SOS_Torture_Burundi_10eme_anniversaire
En cette Journée des droits de l’homme : Appel conjoint pour la protection des Burundais
À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme, SOS-Torture Burundi et le Centre Raoul Wallenberg dénoncent la grave détérioration des droits humains au Burundi en 2025. Ils signalent arrestations arbitraires, torture, disparitions forcées et répression accrue en période électorale. Les conditions carcérales restent inhumaines, marquées par la surpopulation et la malnutrition. Plus de 110 000 réfugiés burundais en Tanzanie subissent pressions, discriminations et risques de rapatriement forcé. Les organisations appellent urgemment les autorités burundaises, tanzaniennes, le HCR et la communauté internationale à agir.
Déclaration de la Société Civile : Quatre Ans Après l’Arrêt de la Cour de l’EAC, le Burundi Persiste dans l’Illégalité
A l’occasion du quatrième anniversaire de l’arrêt N°01/2020 de la chambre d’appel de la Cour de Justice de l’Afrique de l’Est qui a été rendu à Bujumbura en date du 25 novembre 2021 et qui a déclaré définitivement le troisième mandat de Nkurunziza comme étant illégal, les organisations de la société civile burundaise signataires publient la présente déclaration afin de rappeler le caractère contraignant de cette décision et de dénoncer son non-respect par le Gouvernement du Burundi.
Lire ici la Déclaration-quatrième anniversaire Arrêt EAC-25nov2025
Dire NON aux Violences Basées sur le Genre(VBG) : l’appel fort de SOS-Torture Burundi
A l’occasion des 16 Jours d’Activisme contre les Violences Basées sur le Genre, SOS-Torture Burundi réaffirme avec force son engagement indéfectible dans la protection des droits humains et la lutte contre toutes les formes de violences dirigées contre les femmes, les filles et les personnes en situation de vulnérabilité.
Veuillez touver ici la Déclaration de SOS-Torture/Burundi sur les 16jrs d’activisme 2025
Rapport de Sos Torture Burundi sur les irrégularités constatées pendant les élections collinaires du 25 août 2025 FR

L’expérience des scrutins précédents, législatifs, communaux et sénatoriaux de juin et juillet 2025 a montré une tendance récurrente à la manipulation des élections par les autorités, avec l’appui de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), dont l’impartialité est largement remise en cause par de nombreux observateurs nationaux et internationaux.
C’est dans ce contexte marqué par la défiance généralisée, un climat de peur et de domination politique du CNDD-FDD que se sont tenues les élections collinaires du 25 août 2025. Le présent rapport met en lumière les irrégularités documentées dans plusieurs provinces et communes, afin de témoigner des graves dysfonctionnements ayant entaché l’intégrité de ce scrutin et de contribuer à la mémoire collective ainsi qu’aux efforts de plaidoyer pour des élections libres, équitables et crédibles au Burundi
Burundi : la société civile s’inquiète face aux nombreux cas de disparitions forcées en 2025
Burundi : la société civile s’inquiète face aux nombreux cas de disparitions forcées en 2025
30 août 2025. À l’occasion de la Journée internationale des victimes de disparitions forcées, SOS Torture Burundi, le Mouvement des Femmes et des Filles pour la Paix et la Sécurité au Burundi et l’Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT) expriment leur vive inquiétude face à la recrudescence des cas de disparitions forcées et à la dégradation continue de la situation des droits humains au Burundi. Ces violations s’inscrivent dans une répression systématiquement documentée depuis 2015, marquée par le recours aux disparitions forcées, aux arrestations arbitraires, à la torture ainsi qu’à d’autres formes de violence d’Etat visant principalement les membres de partis d’opposition, des militants politiques, ainsi que des citoyens perçus comme critiques envers le pouvoir.
Burundi : Face à la multiplication des facteurs de risque, il est impératif de proroger le mandat du Rapporteur spécial
Alors que de graves violations et atteintes aux droits humains continuent d’être commises au Burundi dans un contexte d’impunité généralisée, et que le pays est entré dans un long cycle électoral, qui a commencé avec les élections législatives et communales de 2025 et culminera avec l’élection présidentielle de 2027, et qui est associé à de multiples facteurs de risque de violations graves des droits humains et d’atrocités criminelles, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies devrait maintenir son examen rigoureux de la situation dans le pays. Lors de sa 60ème session (8 septembre-8 octobre 2025), il devrait proroger le mandat du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Burundi.
Télechargez ici HRC60-Lettre des OSC sur le prolongement du mandat du Rapporteur spécial au Burundi
Violation totale du Cadre Juridique de l’intervention militaire en RDC : UNE MENACE POUR LA SECRUTE ET LA PAIX AU BURUNDI ET DANS LA REGION DES GRANDS LACS

Editorial
Dans sa conférence de presse du 3 janvier 2025, le président du CNDD-FDD, Réverien Ndikuriyo se réjouissait de la bonne mise en œuvre de l’accord de coopération militaire (tenu secret) entre le Burundi et la RD Congo pour combattre les groupes rebelles dans ce pays, dont le M23 au Nord-Kivu.
Dans sa conférence de presse du 3 janvier 2025, le président du CNDD-FDD, Réverien Ndikuriyo se réjouissait de la bonne mise en œuvre de l’accord de coopération militaire (tenu secret) entre le Burundi et la RD Congo pour combattre les groupes rebelles dans ce pays, dont le M23 au Nord-Kivu.1
Au cours des jours suivants, l’armée burundaise, comme ses alliés congolais, FDLRs et sud-africains, ont subi de lourds revers lors des affrontements du 14 janvier 2025 avec le M23 à Ngungu, dans le territoire de Masisi, où au moins 200 soldats burundais auraient été tués. 2
Très embarrassé, le porte parole de l’armée burundaise, le Général de Brigade, Gaspard Baratuza, au cours d’une conférence de presse qu’il a tenue le 16 janvier 2025, a reconnu, sans fournir des détails, des pertes d’hommes sur le champ de bataille, tout en fustigeant « les informations propagandistes, manipulées » émanant des réseaux sociaux qui faisaient état de plus de 400 militaires burundais tués ou capturés par les rebelles du M23.3
Il est à rappeler que la recrudescence des combats au Nord-Kivu a eu lieu au lendemain de la visite éclair du président congolais, Félix Tshisekedi à Bujumbura , le 22 décembre 2024 où il a rencontré son homologue Evariste Ndayishimiye pour discuter « des questions relatives à la coopération entre leurs pays respectifs et la question sécuritaire dans la Région des Grands-Lacs ».4
Une semaine plus tôt, le sommet tripartite de Luanda qui devait réunir les chefs d’Etat du Rwanda et de la RDC autour du Médiateur dans le conflit congolais Joao Lourenço d’Angola avait été annulé à la dernière minute et par surprise le15 décembre 2024.5
La présente édition du Bulletin de Justice aborde la problématique de l’implication de l’armée burundaise dans une guerre illégitime en RD Congo et qui occasionne des pertes importantes en vies humaines des militaires burundais déployés illégalement en territoire étranger pour des intérêts inavoués et sectaires d’une poignée de caciques du parti CNDD-FDD au pouvoir.
Puis, au delà des pertes en vies humaines, la dérive politique du CNDD-FDD d’engager le Burundi dans des alliances politico-ethniques avec les milieux véhiculant l’idéologie génocidaire au niveau régional expose le Burundi aux risques de conflit violent avec le Rwanda au détriment des peuples des deux pays qui partagent pourtant les mêmes valeurs humaines et socio-culturelles.
Cette tendance a été illustrée par des propos négationnistes du génocide des Tutsi du Rwanda tenus par le président du CNDD-FDD Réverien Ndikuriyo au cours de la conférence mentionnée du 3 janvier 2025. Pour lui, « le Rwanda pleurniche toujours au sujet du génocide commis contre des Tutsis il y a de cela 30 ans sans qu’il ait pu mettre hors d’état de nuire les présumés génocidaires alors qu’il n’a jamais cessé de les traquer jusqu’en RDC ». Il tournait en dérision les reproches selon lesquelles l’armée burundaise serait de connivence en RD Congo avec les FARDC, Wazalendo et FDLRs, tenants de l’idéologie génocidaire des Tutsi au Rwanda en 1994.1
Ainsi à travers la présente publication, SOS-TORTURE BURUNDI s’inscrit dans le plaidoyer en faveur d’une culture de bonne gouvernance et de la promotion de l’État de droit au Burundi par le respect de la loi, en scrutant le cadre juridique de l’intervention des militaires burundais en République Démocratique du Congo.
L’objectif de l’analyse vise donc à attirer l’attention de l’opinion publique sur les conditions du déploiement de l’armée burundaise en territoire étranger en violation du cadre légal régissant l’intervention militaire burundaise en territoire étranger, avec toutes les conséquences qui en découlent tant sur le plan humain, politico-diplomatique et sécuritaire.
Il est aussi question d’interpeler les autorités burundaises au strict respect de la loi dans les opérations susceptibles de mettre en danger la vie des militaires burundais tout en les mettant devant leurs propres responsabilités relativement aux violations éventuelles de la loi.
Ainsi, la première partie traite du cadre légal de l’intervention de l’armée burundaise à l’étranger. La deuxième partie revient sur le déploiement des militaires burundais en République Démocratique du Congo tandis que la troisième et dernière partie est consacrée aux conséquences de l’intervention militaire burundaise en RDC sur la paix et la stabilité dans la Région des Grands- Lacs. Enfin, une conclusion générale est tirée et des recommandations sont formulées à l’endroit des autorités politiques et militaires responsables directes et/ou indirectes des violations de la loi qui ont endeuillé des familles entières des militaires.
La Rédaction
1 Burundi Daily, 9 Janvier 2025, Kigali irrité par les propos de Révérien Ndikuriyo sur la présence des FDLR à l’est de la RDC, Lien : https://www.burundidaily.net/post/kigali-irrite-par-les-propos-de-reverien-ndikuriyo-sur-la-presence-des-fdlr-a-lest-de-la-rdc
1 Yaga-Burundi, 6 janvier 2025 Conférence de presse du CNDD-FDD, Lien : https://www.yaga-burundi.com/conference-presse-cndd-fdd/
2 Igihe, 17 janvier 2025, L’armée burundaise reconnaît la perte de ses soldats en RDC, Lien : https://fr.igihe.net/L-armee-burundaise-reconnait-la-perte-de-ses-soldats-en-RDC.html
3 Radio Indundi Culture, 17 Janvier 2025, Burundi : Les pertes de l’armée en RDC, une situation confuse, Lien : https://indundi.com/burundi-les-pertes-de-larmee-en-rdc-une-situation-confuse/
4 Géopolis-Magazine, 23 décembre 2024, RDC – Burundi : Tshisekedi et Ndayishimiye en tête-à-tête pour parler coopération et sécurité, Lien : https://geopolismagazine.org/rdc-burundi-tshisekedi-et-ndayishimiye-en-tete-a-tete-pour-parler-cooperation-et-securite/
5 Géopolis-Magazine, 23 décembre 2024, RDC – Burundi : Tshisekedi et Ndayishimiye en tête-à-tête pour parler coopération et sécurité, Lien: https://geopolismagazine.org/rdc-burundi-tshisekedi-et-ndayishimiye-en-tete-a-tete-pour-parler-cooperation-et-securite/
